« Cette voiture c’est une 6 cylindres 1750 GS, pour Grand Sport, à compresseur, carrossée par Zagato en 1932, explique Philippe Jacquot, président de l’Alfa Classic Club de France. Une voiture évidemment exceptionnelle à plus d’un titre, parce qu’elle a un palmarès sportif très impressionnant.
Je ne vais pas vous énumérer toutes les courses qu’elle a gagnées, mais entre autres, la plus significative c’est les Mille Miglia en 1929 avec Campari et en 1930 avec Tazio Nuvolari. C’est une course évidemment fabuleuse les Mille Miglia, mais il y a eu plein d’autres participations de la marque.
C’est une voiture sportive pour l’époque parce qu’elle développe 85 ch. C’est une voiture qui roulait à 145 km/h. Evidemment ça paraît peut-être peu aujourd’hui, mais il faut relativiser c’était en 1930 ! Très légère aussi, 900 kg, carrosserie en aluminium... C’était la voiture de sport par excellence dans les années 30.
Cette auto a été créée comme beaucoup d’Alfa Romeo avant guerre avant tout pour la course. Il faut dire qu’Alfa Romeo dès sa naissance en 1910, c’est la course. De ces modèles ont découlés d’autres véhicules pour un usage plus routier, donc il y a eu différentes carrosseries. Il y a eu des berlines, mais avant tout c’est une auto de course. C’est vraiment ce qu’ils ont fait de plus exceptionnel avant la guerre.
Ses particularités spécifiques ? Et bien déjà à l’époque vous aviez un moteur double arbre à cames en tête, ce qui était quelque chose de fabuleux. Avec un compresseur qui permettait des performances et surtout une puissance pour l’époque assez exceptionnelle. Parce que 1752 cm3 et 85 ch DIN pour l’époque c’était encore une fois exceptionnel !
Le propriétaire est un ancien adepte des Bugatti. Il s’est tourné vers la marque Alfa Romeo pour une raison simple qui est qu’encore une fois, Alfa Romeo avant-guerre c’est ce qui se faisait de mieux. Il n’y avait pas mieux dans la production mondiale au niveau véhicules. Le propriétaire actuel l’utilise à de nombreuses reprises bien sûr. Il fait beaucoup de sorties avec d’autres propriétaires de ce type de véhicules, aussi bien en France qu’à l’étranger. C’est une auto qui roule.
Le nombre d’exemplaires, c’est sûr qu’il y a eu pas mal de variantes donc sur ce type là exactement il y en a eu 52 exemplaires de produits. Combien il en reste aujourd’hui, c’est un petit peu difficile à dire, mais c’est vrai que c’est des voitures très très rares. A l’époque c’était évidemment hors de prix. C’était avant tout destiné à des pilotes gentleman. »
















